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Addictions, vous n’êtes pas seul !

27 OCTOBRE 2026

5 millions de Français consomment tous les jours de l’alcool et 900 000 du cannabis. Mais heureusement, il existe des structures qui aident les personnes addict. À l’occasion de la journée nationale de la toxicomanie du 15 octobre, Marie Guinard est allée à la rencontre du docteur Mainguy, psychiatre addictologue au CSAPA (Centre de Soin, d’Accompagnement et de Prévention en Addictologie) de Clermont-Ferrand.

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Source : Magnific.com – Gros plan d’une personne tirant sur une cigarette, entourée de fumée.

Qu’est-ce qu’un produit psychoactif ?

Un produit psychoactif est une substance chimique qui agit sur le système nerveux central et peut altérer l’activité psychique (les émotions, l’humeur, la perception, la conscience, la concentration, …) ou l’état physique d’une personne (la coordination, la douleur, la vision…). Les effets des substances psychoactives peuvent varier en intensité en fonction des individus, de la substance psychoactive, de la fréquence de la consommation, du dosage…

Il existe plusieurs catégories de produits psychoactifs : Les stimulants (caféine, la cocaïne et les amphétamines), les dépresseurs/sédatifs (l’alcool, les benzodiazépines et les opioïdes), les perturbateurs et hallucinogènes (Cannabis, LSD, les champignons hallucinogènes).

D’un point de vue neurobiologique, ces molécules interfèrent avec les messagers chimiques du cerveau, les neurotransmetteurs. Par exemple, la dopamine est souvent impliquée dans la sensation de récompense et de plaisir, ce qui explique le potentiel addictif de nombreuses substances psychoactives. La sérotonine, elle, joue un rôle-clé dans la régulation de l’humeur.

Qu’est-ce qu’une addiction ?

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), reconnait l’addiction comme une maladie cérébrale chronique. Elle implique des modifications durables du cerveau et ne relève pas d’un simple manque de volonté ou d’un choix moral. Une addiction est multifactoriel, sociale, biologique et environnemental qui interagissent de manière complexe. En France, un grand nombre de personnes souffrent de troubles liés à l’usage de substances ou de comportements addictifs. Les conséquences sont dévastatrices : ruptures familiales, perte d’emploi, problèmes de santé graves, et dans les cas les plus extrêmes, la mort. Il est donc crucial de dépasser les préjugés et d’examiner scientifiquement les racines profondes de la dépendance.

Les Troubles de Santé Mentale Préexistants

L’un des liens les plus solidement établis en addictologie est celui entre les troubles de santé mentale et le risque de développer une addiction. Les personnes souffrant de dépression, d’anxiété, de trouble de stress post-traumatique, de trouble bipolaire ou d’autres pathologies psychiatriques sont plus vulnérables à la dépendance. C’est un phénomène, connu sous le nom de comorbidité ou double diagnostic. Dans ces situations, la substance ou le comportement addictif devient souvent un moyen d’automédication pour atténuer une souffrance psychologique insupportable. Par exemple l’alcool peut sembler calmer l’anxiété, les opioïdes peuvent engourdir les douleurs émotionnelles. Ce soulagement temporaire renforce malheureusement la dépendance et aggravant les troubles mentaux sous-jacents à long terme.

La Faible Estime de Soi et les Mécanismes de Défense

Une faible estime de soi, un sentiment chronique de vide intérieur, ou une incapacité à tolérer l’inconfort émotionnel sont également des facteurs déterminants. Les personnes qui n’ont pas développé de stratégies saines de gestion du stress peuvent se tourner vers des substances psychoactives pour combler ce vide ou fuir une réalité douloureuse. Ces mécanismes d’évitement, bien que temporairement efficaces, précipitent l’individu dans un engrenage addictif.

La Disponibilité des Substances et la Normalisation Culturelle

Le simple fait que certaines substances soient facilement accessibles légalement comme l’alcool et le tabac, ou illicites dans certains secteurs, augmente mécaniquement le risque d’exposition et de dépendance. De plus, la normalisation culturelle de certaines consommations comme boire de l’alcool lors d’événements sociaux, minimise la perception du danger et retarde la prise de conscience d’un problème naissant. La vente d’alcools dans les supermarchés favorise les rechutes.

Les Traumatismes et l’Histoire de Vie

Les traumatismes d’enfance (violences physiques, abus sexuels, émotionnels ou négligence ) sont des facteurs de risque puissants et documentés. Des études scientifiques montrent que les personnes ayant vécu des expériences traumatiques pendant l’enfance présentent un risque beaucoup plus élevé de développer une addiction à l’âge adulte. La douleur émotionnelle non résolue, les mécanismes d’adaptation dysfonctionnels et la difficulté à réguler les émotions créent un terrain fertile pour la dépendance. De plus, les traumatismes à l’âge adulte (deuil, accident grave, agression, viol) peuvent également déclencher ou intensifier des comportements addictifs chez certaines personnes.

La Précarité Sociale et l’Exclusion

Les conditions socio-économiques défavorables constituent un facteur de risque majeur. La pauvreté, le chômage, le manque d’accès à l’éducation et aux soins de santé, ainsi que l’exclusion sociale créent un environnement fertile à l’addiction. Les personnes sans-abris, par exemple, présentent des taux d’addiction nettement supérieurs à la moyenne, non pas parce qu’elles sont plus faibles, mais parce que leur situation les expose à des souffrances extrêmes sans filet de sécurité. L’isolement social est également un facteur aggravant souvent sous-estimé. Le manque de liens affectifs solides, la solitude chronique et l’absence de soutien communautaire peuvent pousser des individus vers des substances ou des comportements qui procurent une illusion de connexion ou d’apaisement.

Les Facteurs Biologiques et Génétiques

Au-delà des dimensions psychologiques et sociales, la biologie joue un rôle indéniable. Des recherches en génétiques ont démontré qu’environ 40 à 70 % du risque d’addiction est héréditaire. Certaines personnes naissent avec un système dopaminergique qui réagit plus intensément aux substances addictives, rendant l’expérience plus gratifiante et donc plus difficile à résister.

Qu’est-ce qu’un CSAPA ?

Un Centre de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie (CSAPA) est une structure pluridisciplinaire médico-sociale composées de médecin, des psychologue et des professionnel socio-éducatifs, qui a pour mission d’assurer des actions de prévention, de réduction des risques, d’accompagnement et de soins aux personnes ayant des problèmes de consommation de substance psychoactives. Ils sont gérés soit par des associations, soit par des établissements publics de santé. 

Leurs missions :

Le CSAPA prend en charge anonymement et gratuitement des personnes majeures ou mineures ayant une consommation à risque, un usage nocif ou présentant une dépendance aux substances psychoactives qu’elles soient licites ou illicites. L’entourage peut également bénéficier d’un accompagnement. La prise en charge peut concerner aussi les addictions sans produits comme les jeux d’argent et de hasard, le sexe. La prise en charge est à la fois psychologique, sociale, éducative, médicale et psychothérapeutique. Il propose un accompagnement vers l’arrêt, la consommation modérée de drogues ou vers un traitement de substitution pour les personnes dépendantes aux opiacés.

Les CSAPA peuvent varier en fonction de leur public et leur modalité prise en charge :

Ce qui est important à retenir, c’est que l’on accueille tous ceux qui le demandent, sans jugement, et il n’y a pas d’objectif particulier ; on s’adapte à l’objectif de chaque personne.

Docteur Solène Mainguy

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