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Célibat au États-Unis : entre ombre et lumière

19 FÉVRIER 2026

Quelle place et quel rôle du célibat dans l’histoire des États-Unis d’Amérique ? De quel poids les célibataires ont-il pesé dans cette histoire ? Quels images stigmatisantes les ont accompagné.es jusqu’à l’obtention de l’égalité ? A quel ordre « matrimonial » sont-ils soumis ? Quels engagements, quelles luttes leur ont permis de conquérir des droits, bien au-delà de leur propre cas ?

Figure 10.1
Légende : Dans les années 1960, la garçonnière (bachelor’s pad) devient très présente dans la culture populaire. En utilisant la nouvelle technologie ménagère, le célibataire réinvente sa masculinité, et tire une fierté nouvelle de son repas en solitaire préparé à l’aide d’ustensiles modernes.
© « Appartement pour célibataires » (bachelor’s pad) à Columbia en Caroline du Sud (1964) (avec l’aimable autorisation de la Richland Library, Columbia, S.C.).

« La culture populaire (chansons, cartes postales, littérature grise) les tourne en dérision, notamment au moment de la Saint-Valentin, en se moquant de leur corps, de leurs visages ou de leurs « triste » existence. Les célibataires sont plus parlés qu’ils ne parlent, et les mots disent qu’ils sont contre-nature, contre l’ordre « naturel » des choses, contre l’ordre matrimonial patiemment forgé par les traditions au fil des siècles. »

Historien des États-Unis, directeur d’études à l’EHESS (École des Hautes Études en Sciences Sociales), Romain Huret a notamment publié La Fin de la pauvreté (Éditions de l’EHESS, 2008) et Les Millions de monsieur Mellon (La Découverte, 2023). Il est également l’auteur des documentaires Climat, une guerre américaine (2021) et L’Évangile de la richesse (2023)

Il publie Les oubliés de la Saint-Valentin, Des vies à l’ombre du mariage, aux éditions La découverte.

Cette histoire du célibat va bien au-delà des représentations stéréotypées que la société américaine véhicule depuis près de deux siècles : la crazycat lady et le bachelor. « Aux Etats-Unis, le célibat, perçu comme contre nature, a longtemps représenté une énigme […]. Comment peut-on s’y résigner, voire le choisir dans un pays qui a tant célébré l’institution du mariage ? »

L’auteur nous embarque, au travers des journaux intimes de ces hommes et de ces femmes célibataires, par contrainte au par choix, nous révélant les difficultés qu’elles.ils ont dues affronter -assumer leur famille à la mort des parents-, mais aussi la place importante faite à l’amitié dans ces trajectoires de vie, souvent consacrée aux autres -la famille, la communauté-.

La photographie, très présente dans l’ouvrage vient documenter de manière sensible ces vies dures -cowboys, jacks (bûcherons), institutrices, missionnaires-, mais aussi volontaires à l’image même de ce pays, forgé par une intense migration et la conquête de l’Ouest. « Le choix de célibataires de se faire photographier ou de conserver certains photographies dans des journaux intimes nous renseigne sur leur autre famille. ».

Aux avant-postes du progrès, les célibataires considéré.es comme « incomplets« , ont mené des combats essentiels pour l’égalité des droits. L’historien Romain Huret restitue avec précision et empathie ce que l’Amérique leur doit, et nous fait toucher du doigt « cette révolution anthropologique en cours dans les sociétés occidentales » !

Couverture Romain Huret

Terrain Social, aujourd’hui, met au devant de la scène ces oubliés de la Saint-Valentin.

Entretien par Hugues Chevarin.

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