Corail Renaissance
15 SEPTEMBRE 2026
Le corail constitue moins de 0,1 % de la surface des océans et abrite plus de 25 % des espèces sous-marines, offrant des habitats aux poissons, mollusques et crustacés.
Mais aujourd’hui, 50 % des coraux ont déjà disparu. Martin Colognoli, photographe et biologiste marin spécialiste du corail et fondateur de l’ONG Coral Guardian, est parti sur les îles de Seraya Besar et Hatamin, situées près du parc national de Komodo en Indonésie, pour aider et enseigner aux communautés à restaurer le corail. Mais, pendant son voyage, son point de vue s’inverse et c’est lui qui apprend des populations locales. À son retour en France, il décide de retranscrire son expérience au travers de l’exposition « Corail Renaissance ».
Pour nous parler de son expérience et de son exposition, Marie Guinard est allée à sa rencontre.

Le corail est un animal. Il est composé de milliers de petits individus appelés des polypes, apparentés aux anémones et aux méduses. Ces polypes sécrètent un exosquelette, souvent calcaire, qui forme des colonies (récifs). Il se nourrit de plancton, capturé grâce à ses tentacules, mais vit aussi en symbiose avec des microalgues qui produisent de l’énergie par photosynthèse. Ce partenariat est vital pour sa croissance.
Les récifs coralliens sont des écosystèmes complexes avec une énorme biodiversité. Il sert d’habitat, de nurserie et de garde-manger à un grand nombre d’êtres vivants marins. Il permet également la subsistance, grâce à la pêche, de plus de 500 millions de personnes. Et protègent également les côtes des tempêtes et de l’érosion. Les coraux participent également à la construction d’autres écosystèmes. En effet, les poissons-perroquets mangent les coraux puis les défèquent. Ces déjections, poussées par les courants, constituent les plages de sable blanc, contribuent à la formation de hauts-fonds, d’îles et surtout, dans les zones propices, à la formation des mangroves et autres forêts côtières.


Dans l’histoire, les coraux ont réussi à traverser cinq extinctions de masse. Et aujourd’hui, ils doivent faire face à une sixième. Hormis l’ancrage des bateaux, la pêche, les pesticides et engrais de l’agriculture intensive, l’acidification des océans, les crèmes solaires et le surtourisme, le réchauffement des océans est une des plus grandes menaces qui pèsent sur leur santé. L’augmentation des températures leur fait expulser leurs microalgues symbiotiques, ce qui empêche leur processus de photosynthèse et déclenche le blanchiment des coraux, ce qui peut les tuer.
En 2012, Martin Colognoli fonde l’ONG Coral Guardian qui a pour but de protéger, avec les communautés locales, les récifs coralliens.
En 2015, l’équipe de Coral Guardian rencontre des membres du village de pêcheurs de Seraya Besar, en Indonésie. En échangeant avec la population locale, elle se rend compte des difficultés qu’ont ces habitants à vivre de la pêche. En effet, en raison de l’utilisation de la pêche à la dynamite pratiquée pendant de nombreuses années, l’écosystème a été gravement endommagé et les pêcheurs de ce village ont dû se rendre de plus en plus loin pour subvenir aux besoins de leurs familles. Au vu de ce constat, Coral Guardian, avec les populations locales, s’organise pour restaurer le récif corallien.
Le choix de la technique de restauration dépend du contexte local et du lieu. Le plus souvent, des fragments de coraux en vie, cassés naturellement, sont collectés puis transplantés sur des structures, artificielles ou non, à un endroit propice pour leur développement. Ce qui permet au corail de se développer, et ainsi de faire revenir la biodiversité au sein du récif. Si l’habitat naturel n’est pas trop dégradé, les coraux sont transplantés directement en milieu naturel. Sans protection du milieu, la restauration des coraux est peu efficace. La technique la plus indispensable est la protection des récifs.
En 10 ans, Coral Guardian a créé 1,2 ha d’aire marine protégée avec 82 860 coraux transplantés, ce qui a permis une augmentation de 30,2 fois plus de poissons sur ces zones. Et, en parallèle, 30 emplois locaux ont été créés.
L’exposition « Corail Renaissance », c’est vraiment une immersion au cœur du village de pêcheurs et au cœur d’un programme de préservation du corail. Et « Renaissance », c’est pour montrer le lien positif que l’humain peut avoir avec le récif corallien. C’est un message d’espoir pour montrer qu’il est possible de protéger et de restaurer un écosystème détruit et d’avoir une belle relation avec cet écosystème.
Martin Colognoli
Marie Guinard