Doit-on s’inquiéter de la gélification des océans ?
25 FÉVRIER 2026
Nos océans sont-ils vraiment envahis par les méduses ? Pas un été sans un article parlant de plages envahies par ces animaux marins ! Le terme, gélification des océans est alors souvent employé.
Mais de quoi s’agit-il ? Est-ce vraiment la réalité ? Et y a-t-il des répercussions pour les humains ?
Pour répondre à ces questions, Marie Guinard a rencontré Delphine Thibault, maîtresse de conférence, professeure et océanographe à l’université d’Aix-Marseille, spécialiste des méduses.

Présentes sur terre depuis plus de 600 millions d’années, les méduses jouent un rôle essentiel dans nos océans. Ce sont des animaux incroyables, capables de se régénérer quand elles sont blessées. Elles activent une réparation cellulaire en formant de nouvelles cellules. Elles possèdent également des enzymes antioxydantes capables de neutraliser les radicaux libres responsables du vieillissement. Ce qui limite fortement l’usure des cellules et explique en partie pourquoi les méduses ne vieillissent pas.
Certaines méduses, comme Turritopsis dohrnii, possèdent de « supers pouvoirs ». Quand leur organisme subit des dommages importants, elles peuvent revenir en arrière dans leur cycle de vie. Concrètement, elles passent d’un état adulte à un stade juvénile appelé polype. C’est un peu comme si une grenouille redevenait têtard. Ce processus s’appelle la « transdifférenciation cellulaire » : leurs cellules adultes se reprogramment pour redevenir des cellules jeunes. En conséquence, ces méduses sont considérées comme biologiquement immortelles.
C’est toujours grave d’avoir un écosystème qui est déséquilibré parce que ça a des répercussions tout le long de la chaîne alimentaire. Après, ce sont des zones relativement limitées dans l’espace. Mais il faut faire très attention parce que nos écosystèmes marins sont très précaires en termes d’équilibre, et la moindre modification peut entraîner des effets boule de neige dont on n’est pas tout à fait certain de connaître toutes les résultantes.
Delphine Thibault
Ce sont des organismes planctoniques qui dérivent au gré des courants. Un changement dans la direction du vent modifie ces derniers, ce qui crée une accumulation de méduses près des côtes et provoque ces échouages massifs sur nos plages.
Dans quelques endroits du monde, la surpêche crée un déséquilibre dans l’écosystème et leur permet de proliférer, ce qui cause des pertes financières pour l’industrie de la pêche et pour le tourisme balnéaire.