Droits différenciés : l’égalité d’accès à l’enseignement supérieur en danger
04 MAI 2026 | Réaction de Mathias BERNARD, Président de l'Université Clermont Auvergne
Le 20 février 2026, a été publié au Journal Officiel le projet de loi de finances 2026. Celui-ci prévoit déjà la suppression des aides au logement pour les étudiants internationaux non boursiers qui ne viennent pas de l’Union européenne, ce qui constitue un frein majeur pour ce public.
Mais aujourd’hui, c’est l’égalité d’accès à l’enseignement supérieur qui se retrouve directement menacée par le nouveau plan de stratégie d’attractivité « Choose France for Higher Education » de Philippe Baptiste, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace. En cause, la généralisation de l’application de droits différenciés.

En 2019, le plan d’attractivité baptisé « Bienvenue en France » introduisait la notion de frais différenciés pour les étudiants étrangers extra-communautaires. Concrètement, ces derniers doivent s’acquitter de 2.895 euros en licence et 3.941 euros en master, contre 178 euros et 254 euros pour les étudiants français.
Dans les faits, seuls 10% des étudiants étrangers concernés versent ces sommes, mais le gouvernement veut renverser la vapeur et généraliser le paiement de ces frais dès la rentrée 2026. « La règle, ce sont les droits différenciés ; et l’exception, c’est l’exonération » a ainsi martelé Philippe Baptiste, ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche.
Quand on sait que la moitié du potentiel doctoral vient des étudiants internationaux, on ne peut être que très inquiets, (…) cela réduira, mécaniquement, notre potentiel humain en matière de recherche.
Mathias Bernard
Impensable pour Mathias Bernard, président de l’Université Clermont Auvergne (UCA), qui craint que l’attractivité, les valeurs humaines et publiques de son établissement soient mises à mal par cette « logique de préférence nationale qui ne dit pas son nom ».
Plusieurs présidents d’universités ont pris la parole pour s’ériger contre cette mesure également pointée du doigt par France Universités.
Brice Chauvet