En finir avec le féminisme autoritaire !
26 MARS 2026 | Et la violence en spectacle !
Comment le courant féministe majoritaire en est-il arrivé à promouvoir seulement l’image de la femme victime ? Et en parallèle, à proposer une réponse toujours plus répressive et sécuritaire ? Cette réponse a-t-elle résolu la question des violences sexistes et sexuelles ? Qu’en est-il, aujourd’hui, de l’émancipation, voire de l’abolition, combat féministe historique ? D’autres réponses, d’autres engagements sont possibles – pour une justice restauratrice, puis transformatrice- dans la gestion des conflits ?

“Comment expliquer que c’est le féminisme abolitionniste et les modes de justice alternative qui sont sans cesse désignés comme dangereux pour les victimes, alors même que les positions pro-carcérales mettent dans les mains de nos bourreaux les clés de notre résistance ?”
Elsa Deck Marsault a cofondé Fracas, collectif queer et féministe d’entraide militante à la prise en charge des conflits et des violences en milieu intracommunautaire. Elle est l’autrice de Faire justice. Moralisme progressiste et pratiques punitives dans la lutte contre les violences sexistes (La fabrique, 2023).
Elle enfonce le clou, toujours aux éditions La fabrique, avec un nouvel essai : La violence en spectacle : Féminisme, État punitif et figure de la victime.
“La défense et la protection des personnes victimes ont progressivement été mises en concurrence avec le sort des personnes criminalisées. Cette mise en concurrence a étouffé les réflexions sur la répression et la punition”.
Depuis le début des années 1980, le courant féministe majoritaire s’est adossé de plus en plus à l’État et ses institutions -la police, la justice, et la prison-, pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles. Quittant résolument ses positions révolutionnaires, il fait le choix d’un féminisme autoritaire et punitif, loin de la mise en cause des structures du patriarcat et du capitalisme, culminant avec le mouvement #MeToo et l’affaire Pélicot !
“Et quelles luttes féministes portons-nous si elles ne nous servent pas à développer plus de puissance ? Qu’est-ce qu’un combat politique sans désir de pouvoir et de destruction de l’ordre établi ?”
D’autres réponses, d’autres engagements sont possibles – pour une justice restauratrice, puis transformatrice- dans la gestion des conflits ? Redonner aux femmes un rôle d’agente dans leur trajectoire pour se réparer, refaire du commun par l’entraide, enfin repenser les luttes.
Terrain Social, aujourd’hui,vous propose de retrouver le sens d’un combat, celui du féminisme nécessairement révolutionnaire.
Entretien par Hugues Chevarin
