Fentanyl : Sommes-nous à l’abri de ce fléau ?
19 FÉVRIER 2026
Le fentanyl, un opioïde de synthèse, crée dans les années 1950 en Belgique par le docteur Paul Janssen, qui fait des ravages en Amérique du nord depuis plus de dix ans. Il est la cause d’une épidémie responsable de plus de 500 000 morts.
Sommes-nous à l’abri de ce fléau ? Michel Gandilhon, expert associé au Conservatoire National des Arts et Métiers (CNAM) dans le pôle sécurité défense et spécialiste des trafics de drogues et de géopolitique des drogues nous éclaire sur le sujet.

Le fléau américain
Depuis plus de 20 ans, une crise des opioïdes frappe l’Amérique du nord, l’une des premières causes est la sur-prescription des anti-douleur. Et l’autre, la publicité que les laboratoires pharmaceutiques peuvent en faire.
En 2017, les dirigeants des États-Unis prononcent l’état d’urgence sanitaire, car l’année qui a précédée cette décision près de 65000 personnes ont trouvé la mort à la suite d’une overdose. La compagnie Purdue Pharma a contribué grandement à cette crise des opioïdes au États-Unis, entre désinformation et corruption afin de gonfler leur ventes, sans se soucier des effets destructeurs sur les consommateurs.
De 2014 à 2016, les surdoses mortelles de fentanyl aux États-Unis ont augmenté de 540 %, avec 20 100 décès en 2016, presque 7 fois plus qu’en 2014, en faisant la première cause de mortalité.
En 2021 une personne toutes les 7 minutes décède des suites de l’absorption de ce produit, soit environ 72 000 décès sur cette année.
Puis en 2025, les dirigeants américains classent, par décret, l’usage illicite de cette molécule et de ses précurseurs comme arme de destruction massive, ce qui expose les utilisateurs à de lourdes peines de prison, voire à la peine de mort.
Et en France ?
En ce qui concerne la France, les cas de morts où les opioïdes de synthèse sont en cause restent marginaux : environ une centaine chaque année ! En effet, nous disposons d’un meilleur système de prévention, d’aide au consommateur et de produits de substitution. Restons vigilants !
Michaël Delaporte