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L’acidification de nos océans, une urgence climatique ?

16 MARS 2026

Quand on pense au réchauffement climatique, on pense le plus souvent aux inondations, aux canicules, au manque d’eau, aux glaciers qui fondent. Mais loin de notre regard, dans nos océans, le réchauffement climatique pose également des problèmes. Moins visible mais tout autant problématique, les océans s’acidifie. Quelle est la cause de ce phénomène ? Quels problèmes posent-ils aux écosystèmes marins ? Y a-t-il des solutions ?
Pour répondre à toutes ces questions, Marie Guinard est partie à la rencontre de Frédéric Gazeau, directeur du Laboratoire d’Océanographie de Villefranche.

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Assemblage de coraux sur la Grande Barrière de corail (Australie). Source : Wikipédia

Les océans ont toujours absorbé et rejeté du dioxyde de carbone. Mais l’échange se fait très lentement, généralement sur des milliers d’années. Les humains ont perturbé ce lent échange. Depuis le début de la révolution industrielle, au milieu du 19e siècle, les humains ont ajouté 400 milliards de tonnes de carbone dans l’atmosphère. Environ 25% du CO2 que nous émettons est capturé par nos océans. Ce gaz, étant acide, augmente le PH de nos océans.

Le pH de l’océan a souvent changé au cours du temps. Pendant les phases froides de l’histoire de notre planète, le pH a augmenté, les océans sont devenus plus alcalins. Puis pendant les périodes de réchauffement, le PH a diminué donc nos océans sont devenus plus acides. Mais cela s’est déroulé sur des dizaines de milliers d’années, ce qui a laissé le temps à la biodiversité de s’adapter à ce changement.

Les eaux de surface des océans ont enregistré une baisse d’environ 0,1 unité de pH depuis le début de la révolution industrielle, un battement de cœur dans les temps géologiques. Même si 0,1 unité ne semble pas être un grand changement, c’est significatif : l’échelle de pH étant logarithmique (comme l’échelle de Richter pour les tremblements de terre), cela signifie que l’eau est environ 28 % plus acide qu’auparavant.

La biologie et la nature reprennent toujours leurs droits. L’espèce qui est finalement la plus à risque, c’est l’espèce humaine.

Frédéric Gazeau

Marie Guinard

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