Le Fonds pour une Presse Libre : quand les journalistes se battent pour rester indépendants
08 SEPTEMBRE 2026
En France, de plus en plus, les médias libres et indépendants sont attaqués. Pour lutter contre la censure et le manque de pluralisme, des journalistes s’organisent, trouvent des solutions.
Pour nous parler de ces actions, Marie Guinard est allée à la rencontre de Charlotte Clavreul, directrice exécutive de l’association FPL, le Fonds pour une Presse Libre.

Le FPL a été créé en septembre 2019 par Mediapart. Cet organisme a pour but de défendre la liberté de l’information, le pluralisme de la presse et l’indépendance du journalisme. Il est le premier fonds de dotation a avoir été créé dans le secteur de la presse.
Sa mission principale est d’apporter une aide financière et des conseils aux médias indépendants en répondant à des appels à projets qui permettent d’aider au développement éditorial, technique et marketing du média. Il aide aussi à la mise en place d’un modèle économique viable, qui passe par des abonnements ou des dons pour permettre aux médias de rester indépendants. En effet, le Fonds pour une Presse Libre ne reçoit pas de subventions publiques ; il peut soutenir et financer tous ces projets grâce aux dons privés des citoyens.
Pour l’année 2026, le Fonds dispose d’un montant de 225 198 euros pour financer dix projets de médias indépendants. Et tout cela est rendu possible par le soutien de 5 300 donateurs. Cette somme, de 225 198 euros, s’ajoute aux 300 000 euros déjà mobilisés en début d’année pour soutenir 11 projets d’enquêtes sur l’extrême droite dans le cadre du huitième appel à projets « Extrême droite, enquêter, révéler, résister« .
Avec « Médias Defence », le FLP ont créé le fonds « Riposte ». Ce fonds permet de financer les frais judiciaires pour les procès bâillons à l’encontre des journalistes.
Face à la concentration des grands groupes financiers, les médias indépendants sont essentiels pour garantir une démocratie saine et lutter contre la désinformation. Le pluralisme des idées est crucial, surtout en période électorale.
Afin de maintenir une information accessible à toutes et à tous sans barrière payante, leur modèle économique repose sur la transparence et sur des systèmes de dons ou d’abonnements.
Cette indépendance totale, qu’elle soit économique, politique ou idéologique, est primordiale : elle permet aux journalistes de mener des enquêtes approfondies sur des sujets sensibles sans crainte de censure.

En réponse aux États généraux de l’information, voulus par l’Élysée et lancés le 3 octobre 2023, 100 médias et organisations (syndicats, collectifs de journalistes, associations de défense des droits) ont organisé, en octobre et novembre 2023, à l’initiative du Fonds pour une Presse Libre, les États généraux de la presse indépendante. À cette occasion, trois constats ont été faits :
- l’urgence de réformes ambitieuses de notre système d’information dont la dégradation ne cesse de s’accélérer ;
- la nécessité de stopper les offensives multiples lancées par les puissances politiques et économiques contre un journalisme indépendant, d’intérêt public et au service des citoyennes et citoyens ;
- l’obligation commune de reconstruire une relation de confiance avec l’ensemble de nos publics. Une confiance aujourd’hui presque détruite par les liens de dépendance qui pèsent sur de trop nombreux médias.
Pour répondre à ces constats, les États généraux de la presse indépendante ont formulé 59 propositions pour libérer l’info qui ont été adressées au pouvoir exécutif, aux parlementaires et à leurs commissions spécialisées, aux différents syndicats professionnels des médias, aux sociétés de journalistes ainsi qu’aux équipes des États généraux présidentiels de l’information.
En leur demandant de s’en saisir. Et d’agir enfin.
On a soutenu plus d’une cinquantaine de médias indépendants en 6 ans, pour un montant global de quasiment un million cinq-cents milles euros.
Charlotte Clavreul
Marie Guinard