Le protoxyde d’azote une problématique grandissante !
27 OCTOBRE 2026
Le protoxyde d’azote, un gaz pas si hilarant : entre 2019 et 2020, l’ANSES avait mis en évidence une augmentation inquiétante des intoxications en lien avec sa consommation détournée. La problématique se développe chez les jeunes et adultes français avec son lot de conséquences, entre accident de voiture sous son emprise, addiction, problème de santé et même décès dans les pires des cas. Mais qu’est donc le protoxyde d’azote ? Julien Cabé, psychiatre addictologue, nous éclaire sur le sujet.

Qu’est-ce donc le protoxyde d’azote ? Ce gaz incolore a une odeur et un goût légèrement sucré. Il est utilisé en anesthésie, en chirurgie, en odontologie, en pédiatrie comme adjuvant pour ses propriétés anesthésiques et antalgiques. Découvert en 1772 par le chimiste britannique Josèphe Priestley, il sera utilisé en obstétrique, comme antidouleur et avec un rôle d’anxiolyse dans les années 1960.
En 1998, il est décrit comme « médicament antalgique » avant d’être utilisé dans le secteur agroalimentaire.
On retrouve des traces d’utilisations détournées de ce produit dès le XIX siècle.

De nos jours, le protoxyde d’azote, gaz hilarant, proto ou même ballon est utilisé à des fins détournées avec des effets tels que l’euphorie, des rires incontrôlés et des distorsions sensorielles et bien sûr, ne reste pas sans risque entre effets à court terme (vertiges, désorientation, maux de tête, nausées et vomissements, perte temporaire de coordination et d’équilibre) et effets à long terme beaucoup plus dévastateurs (troubles neurologiques : paresthésies, perte d’équilibre, difficultés motrices, pouvant mener à des séquelles permanentes, complications hématologiques : anémie, thromboses veineuses ou artérielles ou encore troubles psychiatriques : hallucinations, épisodes psychotiques).
Depuis 2020, une augmentation de son utilisation à des fins récréatives et une augmentation d’intoxication par le protoxyde d’azote est remarquée. La substance est souvent consommé par des adolescents et jeunes adultes : en 2022 14% des 18 24 ans l’avaient déjà expérimenté.
En 2023, 472 signalements liés à la consommation de protoxyde d’azote ont été réalisés. C’est 30% de plus que l’année précédente, une augmentation inquiétante.
Le 16 mars 2023, le protoxyde d’azote a été déclaré « substance toxique pour la reproduction de catégorie 1B », après une proposition de l’ANSES. Mais aujourd’hui, nous pouvons remarquer, au lendemain de soirée, les dépouilles de ces bouteilles dans nos rues restent nombreuses.
Destructeur pour la santé mais pas que, le protoxyde représente aussi un enjeu écologique et touche même les usines de traitement des déchets qui voient leurs compacteurs endommagés à cause des bouteilles qui explosent sous la pression.
Un besoin d’aide pour vous ou une connaissance : vous pouvez joindre Drogue Info Service 7j/7 de 8h à 23h au 0 800 23 13 13, un appel gratuit et anonyme : vous n’êtes jamais seuls !
Michaël Delaporte