L’étoffe d’un Gaulois
07 AVRIL 2026
Le musée Gergovie propose une nouvelle exposition, L’étoffe d’un Gaulois, costume et parure en Gaule. Pour cette occasion, Marie Guinard est partie à la rencontre de Pauline Rolland, conservatrice au musée de Gergovie. Elle nous parle des vêtements et des bijoux gaulois.

Se représenter la mode gauloise est un exercice compliqué. Le temps a fait son œuvre, il reste très peu de vestiges identifiables et exploitables.
En effet, les objets réalisés en métal, en os ou en verre, se conservent relativement bien ; les matériaux d’origine animale ou végétale ne résistent que très peu au temps. Mais grâce au travail des archéologues, nous avons une idée un peu plus précise des vêtements et des bijoux gaulois.



En Gaule, ils utilisaient divers matériaux pour confectionner leurs vêtements. Le lin, le chanvre et l’ortie sont les principales fibres végétales. Mais les animaux tenaient également une grande place dans leurs productions. Ils élevaient des moutons, des chèvres, des cochons et des bœufs, pour leurs viandes et leurs forces. Mais également pour leurs laines et leurs peaux (cuir), qui prenaient une grande part dans la fabrication de leurs vêtements. Le choix des matières utilisées pouvait alors être adapté selon leur disponibilité locale, mais aussi en fonction de leurs caractéristiques (propriétés thermiques, imperméabilité, etc.). Le choix des matières dépendait aussi du statut social du porteur.

confection d’un tissu sur un métier à tisser. Les Arverniales 20015 © Henri Derus

Bibrache, Antoine Maillier 2006 ©
Les Gaulois aimaient teindre leurs tissus grâce à des plantes tinctoriales. Ils utilisaient, par exemple, la guède pour le vert-bleu, la racine de garance pour le rouge-orangé, la gaude pour obtenir le jaune et la myrtille qui apportait des nuances de violet. En mélangeant les teintures, ils obtenaient de multiples couleurs, qui leur permettaient de tisser des motifs sur les tissus. On sait également par des textes antiques que des étoffes avec des motifs à carreaux était vendu en Italie et à Rome. Ses tissus étaient considérés comme des productions gauloises. Ils avaient une certaine réputation pour ce genre d’ouvrages.

La civilisation gauloise aimait particulièrement les bijoux. Si certains étaient utilitaires, comme les fibules (sortes d’épingles à nourrice) ou les boucles de ceinture qui permettent de maintenir les vêtements en place, la plupart avait une fonction ornementale comme les colliers, les bracelets et les bagues.



Comme pour les vêtements, ils utilisaient différents matériaux pour confectionner leurs bijoux : bronze, cuivre, ambre, verre, or, argent, etc. Et probablement des matériaux organiques : os, bois, cuir, fibres animales ou végétales, qui ont été conservés de manière exceptionnelle.


Une des spécialités gauloises était le bracelet en verre, qu’ils inventèrent. C’étaient des artisans spécialisés qui produisaient ces bijoux, qui était destiné à une clientèle très aisée appartenant à l’élite.
Les bijoux véhiculent des messages, notamment sur le statut social de la personne qui les portaient. Donc, évidemment, les plus riches pouvaient avoir des bijoux en métaux précieux, en argent, en or, que le commun des mortels ne pouvait pas s’offrir. Il y a vraiment un caractère social dans certains types de bijoux. Et il n’est pas exclu, mais là encore, on manque de source, que certains bijoux étaient réservés à certains corps sociaux de la société. Par exemple, des bijoux réservés à des prêtres ou à des druides.
Pauline Rolland