L’hospitalité, mère des petites bontés !
25 JUIN 2026 | Aux côtés des Tsiganes à Lyon.
En Europe occidentale, un peuple, les Roms, est toujours la cible d’une exclusion à répétition entre bidonvilles et harcèlement administratif ! Et la France, patrie des Droits de l’homme, ne fait pas exception ! Rejet, haine et idées reçues se conjuguent pour nier l’humanité du peuple tsigane, itinérant et pauvre par force !
S’agit-il seulement d’une crise de l’accueil, ou plus profondément, ne sommes-nous plus capables d’hospitalité, la forme la plus élémentaire de la solidarité ? Hospitalité et dignité même que nous daignons à ceux que nous rejetons ? Reste-t-il encore des graines d’humanité à semer ?

La jeune amie Florina © avec la courtoisie de « Gadjo Dilo Photographe », Christian Desmeules.
“Dans l’imaginaire occidental, les Tsiganes sont des nomades. […] Mais ce que j’ai vu, moi, ce sont des personnes vivant une errance forcée.”
Mélikah Abdelmoumen est romancière et essayiste. Elle est née à Chicoutimi, au Québec, en 1972. Son essai Baldwin, Styron et moi aux éditions Mémoire d’encrier, en 2022, a remporté le prix Pierre-Vadeboncoeur. Elle habite à Montréal mais a vécu douze ans en France (Lyon). Elle publie aux éditions LUX, Traité de la petite bonté, Lettres à une jeune amie tsigane.
Les hasards d’une rencontre peuvent changer la vie ! Croiser une amie chargée de courses à côté d’un lieu improbable -de ceux où l’on relègue les pauvres, les réprouvés, les personnes migrantes, même celles venant d’Europe… les Tsiganes, par exemple. Faire le choix de la solidarité, dans un éclair, et avoir la chance de rencontrer une amie pour la vie, Florine, la jeune amie tsigane…
« Aujourd’hui, femmes et hommes, nous qui formons l’arc-en-ciel terrestre, nous avons plus de couleurs que l’arc-en-ciel céleste, mais nous sommes tous des émigrés africains. Même le Blanc le plus blanc vient d’Afrique. Si nous refusons de nous rappeler notre origine commune, c’est peut-être à cause de l’amnésie que provoque le racisme, ou parce qu’il nous est impossible de croire qu’en ces temps lointains, le monde entier, vaste mappemonde sans frontières, était notre royaume et que nos jambes étaient le seul passeport requis. » – Eduardo Galleano, Miroirs, LUX éditeur, 2025.
Le racisme peut faire rage en France. Il suffit, pour en saisir l’ampleur, de lire les commentaires sur les réseaux sociaux où la haine rance, décomplexée, se déverse en un torrent de boue ! Il y faut donc un remède…
Ce Traité de la petite bonté n’est pas une plainte, mais un plaidoyer. Il est l’expression d’une démarche, d’une envie de rencontrer, d’aller au contact par l’expérience réelle, d’une vérité -celle de la solidarité, de l’empathie, mais surtout celle de la dignité partagée. S’ouvrir à l’autre, c’est accepter que l’autre ne soit pas tel que l’on se l’imagine.
« […] ce qui rend la charité problématique à nos yeux, c’est le fait qu’elle entretient la bonne conscience sans vouloir annihiler la pauvreté ; c’est qu’elle voit la pauvreté comme un mal inévitable, voire nécessaire, et non comme un fléau à combattre. »
Faire l’expérience de l’hospitalité -celle exemplaire des Roms -, et non la sienne, mais celle de l’autre !
« Oui, j’ai souvent été accueillie comme une reine par des gens qui n’ont presque rien, mais qui ont un sens de l’hospitalité hors du commun. Des gens pour qui ça compte, de partager le peu qu’ils ont. »
Terrain Social, avec la romancière et essayiste québecoise Mélikah Abdelmoumen, célèbre l’hospitalité, mère des petites bontés !
Entretien par Hugues Chevarin

Mélikah Abdelmoumen, romancière, essayiste et Christian Desmeules, photographe, journaliste et critique littéraire au journal Le Devoir.
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