Qui étaient vraiment les « sorcières » ?
27 AVRIL 2026
Derrière les flammes des bûchers et les fantasmes, qui étaient vraiment ces femmes que l’Histoire a condamnées sous le nom de « sorcières » ? Réponse avec Maryse Simon, historienne à l’université de Strasbourg, spécialiste de l’histoire de la sorcellerie.

Jusqu’au 28 juin 2026 se tient l’exposition Sorcières, au château des Ducs de Bretagne à Nantes.
À travers un parcours immersif, cette exposition revient sur une histoire longue et violente : celle des femmes accusées de sorcellerie, persécutées du Moyen Âge à l’époque moderne.
Dépassant les clichés et les représentations stéréotypées, l’exposition s’attache à mettre en lumière les racines historiques, sociales et culturelles de la figure de la sorcière, tout en dévoilant les multiples réalités ainsi que les fictions qui ont successivement été projetées sur ce personnage. Le parcours montre comment une figure d’abord liée à des savoirs, des croyances et des récits a été peu à peu transformée en incarnation du mal, avant d’être relue aujourd’hui à travers le prisme du féminisme.
Si la sorcière fascine encore autant, c’est parce qu’elle concentre des contradictions très modernes. Elle est à la fois victime et menace, marginale et puissante, effrayante et libératrice. Elle renvoie aux femmes qu’on a fait taire, mais aussi à celles qui, aujourd’hui, se réapproprient son image pour en faire une force.
Maryse Simon, historienne, docteure de l’université de Strasbourg, travaille depuis 30 ans sur l’histoire de la sorcellerie dans l’Europe de l’époque moderne, notamment dans l’Est de la France et dans la ville de Paris, avec un regard scientifique sur l’utilisation contemporaine de la figure iconique de la sorcière. Elle a publié en 2006 Les affaires de sorcellerie dans le val de Lièpvre.
Elle revient sur l’image de la sorcière et sa réappropriation dans la culture actuelle et nous explique qui étaient, en réalité, ces femmes qu’on appelaient sorcières…
Eva Branger